mercredi 24 septembre 2008

Velours rouge


La victoire de Jean-Paul Fournier aux élections sénatoriales de dimanche est une très bonne nouvelle pour le pays gardois. Elle permet, d’abord, de faire entendre et d’appliquer, au niveau national, les convictions d'un homme d'expérience, qui a démontré ses valeurs en remportant à deux reprises les élections municipales à Nîmes.

Parallèlement et politiquement, le département se devait d’avoir un sénateur issu des rangs de la majorité présidentielle (UMP). Cela faisait un quart de siècle que le Gard n'avait pas connu une telle alternance.

Cette élection est également un nouveau moyen de valoriser Nîmes et sa région. En effet, la Cité des Antonin était l’une des rares agglomérations du sud-est à ne pas avoir un parlementaire à sa tête.

En outre, je pense, a contrario de l’idée faisant de la haute Assemblée une anomalie démocratique, que le Sénat est un acteur prépondérant de nos institutions.

samedi 13 septembre 2008

Symbole


Je ne vous apprendrai rien, Nîmes est une ville à la culture taurine très développée et ce depuis plusieurs centaines d’années. Ville de tradition, elle oscille entre héritage camarguais et forte influence espagnole. Les ferias sont bien sûr les points d’orgue du culte rendu au torero et au taureau.

Toutefois, si le grand matador nîmois Nimeno II a sa statue place des arènes, il manque cependant à la ville un monument dédié au taureau dans toute sa splendeur, celui de corrida ou de course. Et, ce n’est pas le bœuf (voir image), maquillé en fauve, qui orne le boulevard Jean Jaurès, si bien décrit dans l’ouvrage de Christian Liger, Nîmes sans visa, qui pourrait servir d’ersatz. C’est pourquoi, nous devons engager le processus qui donnera enfin à Nîmes sa statue de taureau digne de ce nom et à proximité du chaudron tauromachique, c'est-à-dire des arènes. Le financement pourrait se faire par souscription auprès, notamment, des multiples clubs taurins de la ville. Cependant, la mairie se doit, à mon sens, d’impulser solennellement la chose et de contribuer activement au financement d’un monument qui contribuera au renforcement de la fierté nîmoise.

Los Chicuelos II

Le destin de Manuel Jimenez, dit Chicuelo II, est intimement lié à la piste nîmoise. La ville aux crocodiles s’est peu à peu enamourée de ce petit maestro à la technique vive et un peu brouillonne, mais toujours surprenante et parfois éblouissante. L’année 1959 voit triompher Chicuelo aux arènes de Nîmes. Un groupe d’amateurs, transcendé par le travail du nain basque, décide de créer un club à son nom. C’est l’acte de naissance de los Chicuelo.

Chicualo II était très énergique, au physique ingrat et surtout, ce qui le caractérisé le plus, de petite taille. Ses 1 mètre 62 et ses bras de poupons lui interdisaient la grâce et l’élégance d’un Belmonte, grand matador de son temps. En revanche, son art de lier les passes faisait sa spécificité. Contrairement à la légende, il n’est pas à l’origine de la fameuse chicuelina, passe d’ornement inutile, faisant transpirer l’opérette dans la tauromachie. Cette invention est due à Chicuelo, torero espagnol du début XX siècle, issu d’une modeste famille de matador, mais sans lien de parenté avec notre homme. Il n’empêche que Chicuelo II fut le torero du paraître et des paillettes, héritier de la tauromachie spectacle du XIX siècle.

Sa fin subite, en Jamaïque, carbonisé par la carlingue de son avion accidenté, renforce la dimension tragique de sa destinée. Il avait pourtant tant de fois croisé la mort, tant de fois évité de peu de se faire éventrer par les cornes d’un fauve. Les multiples raclées, qu’il subissait, semblaient être la conséquence de ses insuffisances techniques. Certains y voyaient même un culte au hasard et à la chance, voire une provocation envers les bêtes et envers le public. L’absence de construction et de réflexion ne lui ont pas permis d’avoir une carrière brillante, rectiligne et prévisible. La sienne fut populaire et sinusoïdale. C’est un torero de son temps, un James Dean de la cape, avide de gloire, de fleurs et de reconnaissances.

Nous sommes tributaires de sa mémoire, aussi bien que du culte rendu à sa personne dans la Rome française. Soyons fier de sa carrière et fidèle à sa personne sans occulter les pages moins glorieuses.