
A l’instar d’une corrida, la chapelle des Arènes de Nîmes a eu trois temps. Ce tercio, aux accents religieux, a paradoxalement débuté sous une municipalité communiste. C’est au début des années 60 que, sous l’impulsion d’Adrien Gauttier, dit Soltero, un petit débarras est aménagé, permettant aux toreros de prier, ou tout simplement de se recueillir avant d’affronter les fauves. A cette époque, les ornements et les accessoires sont rares. Un discret prie-dieu est généreusement donné par la paroisse. Le sacristain Gauttier veille, cependant, à ce que la chapelle reste accueillante et fleurie.
Toutefois, il faudra attendre les années 70 pour voir la construction d’une salle digne du nom de Chapelle. La mairie, pourtant dirigée par un parti farouchement anti clérical, décide d’octroyer des fonds à la création d’un endroit grandiose, mais toujours émouvant, consacré à la prière du torero. C’est dans cette deuxième chapelle qu’un autel est aménagé et qu’une vierge française, dite de Lourdes, est déposée. Deux épais rideaux de velours rouge viennent renforcer l’aspect solennel de l’atmosphère et réchauffer, un peu, le lieu refroidi par la présence des pierres nues du monument, habitat surprenant d’une variété unique de bête à corne.
Enfin, le dernier acte, de cette pièce en trois parties, se joue dans les années 80, sous l’impulsion de la municipalité Cacharel. Dans un élan de modernisme, teinté d’un zeste de mégalomanie, le premier magistrat de la ville décide de mettre l’amphithéâtre « sous cloche ». Dans la foulée, il est imaginé, très justement, d’installer, au cœur même de ce vieux chaudron urbain, toute l’administration des arènes. C’est tout naturellement qu’une place est faite au lieu de culte et de prière des toreros. Si sa dimension est sensiblement réduite, son aspect mystérieux, voire mythique, est cependant préservé grâce au travail minutieux de l’aumônier des arènes, M Archet et de son adjoint M. Teissier. Telle une étape dans le labyrinthe du minotaure, la chapelle devient un rendez-vous indissociable de l’épopée du Thésée en habit de Lumière.
C’est dans un cérémonial millimétré et inchangé depuis la fin des années 80, que cette chapelle s’offre au torero venu de la très catholique Espagne ou, de plus en plus, de France, fille aînée de l’Eglise et mère du concept de Laïcité. Quelques jours avant la féria, les deux aumôniers aménagent ce théâtre éphémère et fleuri, comme pour perpétuer la tradition initiée par Adrien Gauttier. La salle d’accueil sert d’antichambre. Pas tout à fait religieuse, cette pièce permet de préparer le torero à l’entrée dans le sanctuaire. C’est à cet endroit que sont disposées les photos des toreros du cartel du jour et qu’est proposé le livre d’or des arènes. Plus loin, le saint des saints est consacré uniquement aux toreros et éventuellement à son confesseur, en l’occurrence l’aumônier de permanence. Sur quelques centimètres carrés, sont réunis les éléments nécessaires à la prière. Outre le prie-dieu, précédemment cité, l’autel est orné de la vierge Notre Dame de Rochefort, chère à Nimeno II. Une croix de Camargue est accrochée au mur. A l’opposé, une autre vierge, espagnole celle-ci, décore la chapelle. Cette Macarena, sorte de déesse protectrice des toreros, est l’œuvre de l’artiste nîmois Formica, qui, dans un élan de générosité l’a offerte à la chapelle. Le tout est agrémenté d’un vitrail laissant légèrement passer la lumière et représentant une vierge jaunie par le soleil couchant. La pièce, œuvre de l’artiste Anne Courbaud, n’est pas l’original. Une nuit de 1996, ce vitrail fut détruit par une bombe posée, à quelques pas, par des enragés venus de Corse. Il faut imaginer l’ensemble parsemé de fleurs et de cierges allumés.
Dans cette ambiance, le matador peut vénérer, prier ou tout simplement penser au combat incertain, ou la vie est en jeu. A quelques minutes d’un affrontement païen, héritier des jeux du cirque de la Rome antique, le gladiateur s’offre un moment de répit religieux. Ici, le réveil de la foi, permet de vaincre les monstres.
Toutefois, il faudra attendre les années 70 pour voir la construction d’une salle digne du nom de Chapelle. La mairie, pourtant dirigée par un parti farouchement anti clérical, décide d’octroyer des fonds à la création d’un endroit grandiose, mais toujours émouvant, consacré à la prière du torero. C’est dans cette deuxième chapelle qu’un autel est aménagé et qu’une vierge française, dite de Lourdes, est déposée. Deux épais rideaux de velours rouge viennent renforcer l’aspect solennel de l’atmosphère et réchauffer, un peu, le lieu refroidi par la présence des pierres nues du monument, habitat surprenant d’une variété unique de bête à corne.
Enfin, le dernier acte, de cette pièce en trois parties, se joue dans les années 80, sous l’impulsion de la municipalité Cacharel. Dans un élan de modernisme, teinté d’un zeste de mégalomanie, le premier magistrat de la ville décide de mettre l’amphithéâtre « sous cloche ». Dans la foulée, il est imaginé, très justement, d’installer, au cœur même de ce vieux chaudron urbain, toute l’administration des arènes. C’est tout naturellement qu’une place est faite au lieu de culte et de prière des toreros. Si sa dimension est sensiblement réduite, son aspect mystérieux, voire mythique, est cependant préservé grâce au travail minutieux de l’aumônier des arènes, M Archet et de son adjoint M. Teissier. Telle une étape dans le labyrinthe du minotaure, la chapelle devient un rendez-vous indissociable de l’épopée du Thésée en habit de Lumière.
C’est dans un cérémonial millimétré et inchangé depuis la fin des années 80, que cette chapelle s’offre au torero venu de la très catholique Espagne ou, de plus en plus, de France, fille aînée de l’Eglise et mère du concept de Laïcité. Quelques jours avant la féria, les deux aumôniers aménagent ce théâtre éphémère et fleuri, comme pour perpétuer la tradition initiée par Adrien Gauttier. La salle d’accueil sert d’antichambre. Pas tout à fait religieuse, cette pièce permet de préparer le torero à l’entrée dans le sanctuaire. C’est à cet endroit que sont disposées les photos des toreros du cartel du jour et qu’est proposé le livre d’or des arènes. Plus loin, le saint des saints est consacré uniquement aux toreros et éventuellement à son confesseur, en l’occurrence l’aumônier de permanence. Sur quelques centimètres carrés, sont réunis les éléments nécessaires à la prière. Outre le prie-dieu, précédemment cité, l’autel est orné de la vierge Notre Dame de Rochefort, chère à Nimeno II. Une croix de Camargue est accrochée au mur. A l’opposé, une autre vierge, espagnole celle-ci, décore la chapelle. Cette Macarena, sorte de déesse protectrice des toreros, est l’œuvre de l’artiste nîmois Formica, qui, dans un élan de générosité l’a offerte à la chapelle. Le tout est agrémenté d’un vitrail laissant légèrement passer la lumière et représentant une vierge jaunie par le soleil couchant. La pièce, œuvre de l’artiste Anne Courbaud, n’est pas l’original. Une nuit de 1996, ce vitrail fut détruit par une bombe posée, à quelques pas, par des enragés venus de Corse. Il faut imaginer l’ensemble parsemé de fleurs et de cierges allumés.
Dans cette ambiance, le matador peut vénérer, prier ou tout simplement penser au combat incertain, ou la vie est en jeu. A quelques minutes d’un affrontement païen, héritier des jeux du cirque de la Rome antique, le gladiateur s’offre un moment de répit religieux. Ici, le réveil de la foi, permet de vaincre les monstres.


