jeudi 28 mai 2009

La Chapelle de l'Amphithéâtre romain


A l’instar d’une corrida, la chapelle des Arènes de Nîmes a eu trois temps. Ce tercio, aux accents religieux, a paradoxalement débuté sous une municipalité communiste. C’est au début des années 60 que, sous l’impulsion d’Adrien Gauttier, dit Soltero, un petit débarras est aménagé, permettant aux toreros de prier, ou tout simplement de se recueillir avant d’affronter les fauves. A cette époque, les ornements et les accessoires sont rares. Un discret prie-dieu est généreusement donné par la paroisse. Le sacristain Gauttier veille, cependant, à ce que la chapelle reste accueillante et fleurie.

Toutefois, il faudra attendre les années 70 pour voir la construction d’une salle digne du nom de Chapelle. La mairie, pourtant dirigée par un parti farouchement anti clérical, décide d’octroyer des fonds à la création d’un endroit grandiose, mais toujours émouvant, consacré à la prière du torero. C’est dans cette deuxième chapelle qu’un autel est aménagé et qu’une vierge française, dite de Lourdes, est déposée. Deux épais rideaux de velours rouge viennent renforcer l’aspect solennel de l’atmosphère et réchauffer, un peu, le lieu refroidi par la présence des pierres nues du monument, habitat surprenant d’une variété unique de bête à corne.

Enfin, le dernier acte, de cette pièce en trois parties, se joue dans les années 80, sous l’impulsion de la municipalité Cacharel. Dans un élan de modernisme, teinté d’un zeste de mégalomanie, le premier magistrat de la ville décide de mettre l’amphithéâtre « sous cloche ». Dans la foulée, il est imaginé, très justement, d’installer, au cœur même de ce vieux chaudron urbain, toute l’administration des arènes. C’est tout naturellement qu’une place est faite au lieu de culte et de prière des toreros. Si sa dimension est sensiblement réduite, son aspect mystérieux, voire mythique, est cependant préservé grâce au travail minutieux de l’aumônier des arènes, M Archet et de son adjoint M. Teissier. Telle une étape dans le labyrinthe du minotaure, la chapelle devient un rendez-vous indissociable de l’épopée du Thésée en habit de Lumière.

C’est dans un cérémonial millimétré et inchangé depuis la fin des années 80, que cette chapelle s’offre au torero venu de la très catholique Espagne ou, de plus en plus, de France, fille aînée de l’Eglise et mère du concept de Laïcité. Quelques jours avant la féria, les deux aumôniers aménagent ce théâtre éphémère et fleuri, comme pour perpétuer la tradition initiée par Adrien Gauttier. La salle d’accueil sert d’antichambre. Pas tout à fait religieuse, cette pièce permet de préparer le torero à l’entrée dans le sanctuaire. C’est à cet endroit que sont disposées les photos des toreros du cartel du jour et qu’est proposé le livre d’or des arènes. Plus loin, le saint des saints est consacré uniquement aux toreros et éventuellement à son confesseur, en l’occurrence l’aumônier de permanence. Sur quelques centimètres carrés, sont réunis les éléments nécessaires à la prière. Outre le prie-dieu, précédemment cité, l’autel est orné de la vierge Notre Dame de Rochefort, chère à Nimeno II. Une croix de Camargue est accrochée au mur. A l’opposé, une autre vierge, espagnole celle-ci, décore la chapelle. Cette Macarena, sorte de déesse protectrice des toreros, est l’œuvre de l’artiste nîmois Formica, qui, dans un élan de générosité l’a offerte à la chapelle. Le tout est agrémenté d’un vitrail laissant légèrement passer la lumière et représentant une vierge jaunie par le soleil couchant. La pièce, œuvre de l’artiste Anne Courbaud, n’est pas l’original. Une nuit de 1996, ce vitrail fut détruit par une bombe posée, à quelques pas, par des enragés venus de Corse. Il faut imaginer l’ensemble parsemé de fleurs et de cierges allumés.

Dans cette ambiance, le matador peut vénérer, prier ou tout simplement penser au combat incertain, ou la vie est en jeu. A quelques minutes d’un affrontement païen, héritier des jeux du cirque de la Rome antique, le gladiateur s’offre un moment de répit religieux. Ici, le réveil de la foi, permet de vaincre les monstres.

vendredi 22 mai 2009

Féria de Pentecôte 2009


Nîmes a encore une fois mis l’accent sur une temporada de grande qualité, annonçant une féria de Pentecôte exceptionnelle.

Avec 10 corridas, la venue des plus grands maestros du moment et la présence d’élevages de renom, la place de Nîmes conforte son titre incontesté de première piste de France.

Dans un mélange de classicisme et de modernisme, le directeur des Arènes, Simon Casas, a programmé cette année, des événements en cascade.

Les Miuras en ouverture, face, entre autre, à Juan Bautista, semble être le symbole de cette féria 2009. D’autre temps forts vont se succéder sur le sable des arènes: la Novillada de la Cape d’Or, le mano à mano Castella-Perera, la présentation des taureaux de Robert Margé et la présence de figures du moment tel qu’Enrique Ponce, El Juli, Juan José Padilla, sans parler de la venue, tant attendu, de José Tomas.

La féria de Pentecôte c’est aussi des expositions autour de la tauromachie comme celle installée au Musée des Cultures Taurines, consacrée à l’habit de lumières, c’est un hommage rendu à l’artiste Michel Gilles, qui a signé l’affiche de cette année, c’est, bien sur la fête, qui va animer les rues de la ville au rythme des fanfares.

Vous le voyez, cette année encore Nîmes va faire vibrer les aficionados.

Inauguration du "bon Kalos"


Prise de Parole de Monsieur Antoine ROGER
Inauguration du bar « le bon Kalos »
Mercredi 20 mai 2009, Annaba – 21h00:


Monsieur le directeur,
Mesdames, messieurs,

Je suis très heureux d’être parmi vous afin d’inaugurer ce nouvel endroit. Toutefois, ce moment de joie ne doit pas nous faire oublier que nous mettons un terme au nom Annaba. « Annaba, Annaba, j’écris ton nom en lettre grise au fond de mon cœur ». En effet, avant le baptême, il y a le deuil. Nous célébrons donc les obsèques de cet endroit magique et fin tout à l’image de son concepteur, homme d’art et de culture. Annaba était pourtant la ville de sa naissance, la ville de son enfance, la ville de son apprentissage, au temps ou l’Algérie était encore française. La nouvelle direction a souhaité prendre un chemin différent, un sentier opposé, loin de l’élégance passée. Dans une volonté symbolique de tuer le frère, le nouveau directeur a souhaité changer le nom de manière autoritaire. Les Soviétiques avaient débaptisés Saint-Pétersbourg, Pol Pot avait renommé les villes de son pays, Jean-Claude a décidé de modifier le nom de son établissement. Il aurait pu l’appeler Mingue ou Mas de Mingue, du nom de sa patrie d’origine, il a préféré l’appeler KALOS, du nom de sa patrie d’adoption.

Alors pourquoi avoir choisi ce nom étrange ? Certains l’ont assimilé à un hommage rendu à la coiffe militaire du même nom, d’autres ont vu un culte à un Dieu grec inconnu. Pourtant la signification est bien plus profonde et remonte au fond des âges. C’est au Quick, restaurant préféré du maitre des lieux, qui, soit disant, tient une Maison de Qualité, que tout à basculé. Lors d’un banal dimanche après midi, passé à siroter son milshake préféré, Jean-Claude s’est souvenu. Comme un boomerang, sa jeunesse lui revenait à l’esprit.

Nous sommes en 1958, le général de Gaulle est au pouvoir, les Colonies sont toujours rattachées à la Métropole et Jean-Claude a la petite vingtaine. Il aime Edith PIAF et Charles TRENET. Surtout TRENET. Sa vie change lorsque sur Europe numéro 1, il entend chanter CARLOS. Le grand CARLOS de « la cantine », de « big bisous », de « tout nu et tout bronzé », de « Rosalie » et, bien sur de «tirelipimpom sur le chihuahua». Il se trouve que cette, année là, il se produit au camping de l’Espiguette. Jean-Claude bondit sur l’occasion et, telle une groupie, traque sa vedette en criant : « je veux te faire un big bisous ». Dans un couloir, il croise l’homme à chemise hawaïenne et à forte corpulence. Tout à coup, il essaye de l’embrasser, mais trébuche sur le paréo du chanteur et se retrouve à genoux, nez à nez, avec un terrible engin. Fan des piroulis à la menthe, que lui offrait sa maman, Jean-Claude engouffre l’objet à pleines dents et s’écrit, la bouche encombrée : « Mais c’est bon KALOS ».

Depuis, Jean-Claude vit dans un souvenir heureux en assimilant, tout ce que les scientifiques appellent l’organe reproducteur masculin, à un KALOS. Il n’a jamais croisé d’aussi bon KALOS que celui de CARLOS. Il a pourtant essayé, en vain, de sucer le cornet royal de Juan Carlos d’Espagne Il a même été jusqu’à suivre le terroriste Carlos en prison. Mais non, peine perdue, Jean-Claude ne retrouvera jamais le bon KALOS de CARLOS. Françoise DOLTO, mère du chanteur CARLOS a défini cette névrose comme le complexe de KALOS.