vendredi 22 mai 2009

Inauguration du "bon Kalos"


Prise de Parole de Monsieur Antoine ROGER
Inauguration du bar « le bon Kalos »
Mercredi 20 mai 2009, Annaba – 21h00:


Monsieur le directeur,
Mesdames, messieurs,

Je suis très heureux d’être parmi vous afin d’inaugurer ce nouvel endroit. Toutefois, ce moment de joie ne doit pas nous faire oublier que nous mettons un terme au nom Annaba. « Annaba, Annaba, j’écris ton nom en lettre grise au fond de mon cœur ». En effet, avant le baptême, il y a le deuil. Nous célébrons donc les obsèques de cet endroit magique et fin tout à l’image de son concepteur, homme d’art et de culture. Annaba était pourtant la ville de sa naissance, la ville de son enfance, la ville de son apprentissage, au temps ou l’Algérie était encore française. La nouvelle direction a souhaité prendre un chemin différent, un sentier opposé, loin de l’élégance passée. Dans une volonté symbolique de tuer le frère, le nouveau directeur a souhaité changer le nom de manière autoritaire. Les Soviétiques avaient débaptisés Saint-Pétersbourg, Pol Pot avait renommé les villes de son pays, Jean-Claude a décidé de modifier le nom de son établissement. Il aurait pu l’appeler Mingue ou Mas de Mingue, du nom de sa patrie d’origine, il a préféré l’appeler KALOS, du nom de sa patrie d’adoption.

Alors pourquoi avoir choisi ce nom étrange ? Certains l’ont assimilé à un hommage rendu à la coiffe militaire du même nom, d’autres ont vu un culte à un Dieu grec inconnu. Pourtant la signification est bien plus profonde et remonte au fond des âges. C’est au Quick, restaurant préféré du maitre des lieux, qui, soit disant, tient une Maison de Qualité, que tout à basculé. Lors d’un banal dimanche après midi, passé à siroter son milshake préféré, Jean-Claude s’est souvenu. Comme un boomerang, sa jeunesse lui revenait à l’esprit.

Nous sommes en 1958, le général de Gaulle est au pouvoir, les Colonies sont toujours rattachées à la Métropole et Jean-Claude a la petite vingtaine. Il aime Edith PIAF et Charles TRENET. Surtout TRENET. Sa vie change lorsque sur Europe numéro 1, il entend chanter CARLOS. Le grand CARLOS de « la cantine », de « big bisous », de « tout nu et tout bronzé », de « Rosalie » et, bien sur de «tirelipimpom sur le chihuahua». Il se trouve que cette, année là, il se produit au camping de l’Espiguette. Jean-Claude bondit sur l’occasion et, telle une groupie, traque sa vedette en criant : « je veux te faire un big bisous ». Dans un couloir, il croise l’homme à chemise hawaïenne et à forte corpulence. Tout à coup, il essaye de l’embrasser, mais trébuche sur le paréo du chanteur et se retrouve à genoux, nez à nez, avec un terrible engin. Fan des piroulis à la menthe, que lui offrait sa maman, Jean-Claude engouffre l’objet à pleines dents et s’écrit, la bouche encombrée : « Mais c’est bon KALOS ».

Depuis, Jean-Claude vit dans un souvenir heureux en assimilant, tout ce que les scientifiques appellent l’organe reproducteur masculin, à un KALOS. Il n’a jamais croisé d’aussi bon KALOS que celui de CARLOS. Il a pourtant essayé, en vain, de sucer le cornet royal de Juan Carlos d’Espagne Il a même été jusqu’à suivre le terroriste Carlos en prison. Mais non, peine perdue, Jean-Claude ne retrouvera jamais le bon KALOS de CARLOS. Françoise DOLTO, mère du chanteur CARLOS a défini cette névrose comme le complexe de KALOS.

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